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Classe 1 ou classe 2, que prend en charge l’Assurance Maladie pour une perruque ?

Publié le Mis à jour le 11 minutes de lecture Par Jimenez Julien

On vous dira que la perruque est remboursée, puis on vous parlera de classes, de prix limite, de forfait et de base de remboursement, souvent en trois minutes et debout. Voici ce que la règle française impose réellement, ce qu’elle n’impose pas, et les croyances qui coûtent cher au moment de payer.

Femme d’une cinquantaine d’années assise dans un fauteuil près d’une fenêtre, une feuille pliée posée sur ses genoux et un carnet de notes à la main

L’Assurance Maladie ne rembourse pas une perruque, elle rembourse une prothèse capillaire inscrite sur une liste officielle, prescrite avant l’achat et facturée par un distributeur. Hors de ces trois conditions, aucune prise en charge n’est due, quel que soit le motif de la perte de cheveux.

Quand elles sont réunies, deux régimes coexistent. La classe 1 relève d’un prix limite de vente: ce que vous payez est borné par un texte. La classe 2 laisse le prix libre au distributeur et n’ouvre droit qu’à une base de remboursement fixée, la différence restant à votre charge ou à celle de votre organisme complémentaire.

La suite détaille cette mécanique, ce qu’elle n’impose pas, et les croyances qui coûtent le plus cher au moment de signer.

Les trois conditions sans lesquelles rien n’est pris en charge

Ces conditions se vérifient dans l’ordre. Une seule qui manque, et la dépense bascule entièrement sur vous, même si le modèle est parfaitement adapté.

Une prescription médicale établie avant l’achat

La prise en charge suppose une prescription médicale, établie avant la délivrance de la prothèse. La chronologie compte autant que le document lui même: une ordonnance obtenue après coup ne rattrape pas un achat déjà réglé.

Cette ordonnance de prothèse capillaire mentionne la prothèse, et le cas échéant les accessoires textiles. Elle n’a pas à décrire un modèle précis ni à nommer un magasin: elle ouvre un droit, elle ne choisit pas à votre place.

Conservez l’original et photographiez le. Il servira à la délivrance, puis à votre organisme complémentaire, qui se contente rarement de la facture seule.

Un modèle inscrit sur la liste des produits remboursables

Le remboursement ne porte que sur les produits inscrits sur la Liste des produits et prestations remboursables prévue à l’article L. 165-1 du code de la sécurité sociale. Cette liste décrit, pour chaque ligne, ce que le produit doit être et les conditions de sa prise en charge.

Un modèle vendu comme article de mode ou importé sans référence sur cette liste n’ouvre aucun droit, même acheté sur ordonnance. La question se pose donc au vendeur avant l’essayage, pas à la caisse.

Un distributeur qui délivre et facture la prothèse

La pièce qui déclenche le paiement est la facture nominative du distributeur, à votre nom, détaillant le produit délivré et sa classe. Un ticket de caisse ou un bon de commande ne remplit pas cet office.

Certains points de vente pratiquent la dispense d’avance de frais: vous ne réglez alors que la part qui vous revient. D’autres vous font payer l’ensemble. Cette information se demande au téléphone, car elle change votre trésorerie du mois.

Deux classes, deux logiques de prix

La distinction entre classe 1 et classe 2 n’est pas une question de qualité ni de goût. C’est une question de mode de fixation du prix, et elle décide de votre reste à charge.

Ce que vous regardezClasse 1Classe 2
Prix de venteEncadré par un prix limite de venteLibre, fixé par le distributeur
Base du remboursementAlignée sur ce prix encadréBase forfaitaire, indépendante du prix payé
Reste à chargeMaîtrisé et prévisibleVariable, parfois très élevé
Pièce à vérifierMention de la classe sur la factureMention de la classe et devis écrit

La classe 1, prix encadré et reste à charge maîtrisé

Sur une prothèse de classe 1, le distributeur ne peut pas facturer au dessus du prix limite de vente fixé par arrêté. Vous connaissez donc votre plafond de dépense avant d’entrer dans le magasin, ce qui est rare dans le parcours de soins.

Ce cadre ne dit rien de l’apparence du modèle. Des prothèses de classe 1 conviennent à un port quotidien, et une professionnelle sérieuse vous en montrera plusieurs sans insistance de votre part.

La classe 2, prix libre et remboursement forfaitaire

Sur une prothèse de classe 2, le prix est libre. Le remboursement, lui, reste calé sur une base fixée par la réglementation, sans lien avec la somme inscrite sur votre facture. Deux modèles de classe 2 vendus à des prix très différents donnent donc le même remboursement.

Les montants applicables, prix limite de vente comme bases de remboursement, sont révisés par arrêté. Ne vous fiez ni à une brochure imprimée l’an dernier ni au chiffre annoncé de mémoire par une connaissance: vérifiez la valeur en vigueur le jour de votre achat auprès de l’Assurance Maladie sur ameli.fr.

Ce que le texte n’impose pas

Beaucoup de contraintes ressenties au moment de l’achat ne figurent dans aucun texte. Les connaître vous rend une liberté que personne ne vous retirera.

Aucune obligation de choisir la classe 1

Vous pouvez choisir une prothèse de classe 2 et assumer la différence, en connaissance de cause. Vous pouvez aussi ne pas acheter de prothèse du tout et vous en tenir aux accessoires textiles.

Personne n’a à commenter ce choix. Ce qui se prépare, en revanche, c’est le calcul: demandez le montant exact avant de dire oui.

Aucun point de vente imposé

Votre ordonnance vaut chez tout distributeur qui délivre ces produits. Vous pouvez comparer deux adresses, faire établir deux devis et revenir la semaine suivante.

Si l’on vous presse ou si l’on refuse d’écrire un prix, cette gêne suffit à aller ailleurs. Aucun droit n’est perdu en changeant de magasin.

Aucun modèle imposé par l’hôpital

Le service qui vous suit vous donnera parfois une adresse ou une fiche. C’est une indication pratique, souvent utile, jamais une obligation: elle ne restreint ni votre choix de modèle ni votre choix de commerçant.

La demander par écrit n’aurait aucun sens: elle n’a pas de valeur administrative et son absence ne bloque rien.

Les croyances qui coûtent le plus cher

Trois idées reçues reviennent sans cesse, et chacune se paie au moment de la facture.

Croire que tout est gratuit dès qu’il y a une ordonnance

Une ordonnance ouvre un droit, elle n’efface pas un prix. Une prise en charge sans reste à charge suppose que le produit relève d’un prix encadré et que votre situation ouvre effectivement droit à ce niveau de prise en charge.

La découverte se fait alors à la caisse, un jour de fatigue, devant une somme à trois chiffres et une prothèse déjà réservée à votre nom.

Croire que la complémentaire comble toujours la différence

Un organisme complémentaire n’intervient sur ce poste que si votre contrat prévoit une garantie dédiée. Certains la prévoient, d’autres pas du tout, et les conditions de renouvellement varient.

Posez la question par écrit, par message depuis votre espace assuré, dans ces termes: quelle garantie mon contrat prévoit il pour une prothèse capillaire prescrite, à quelle hauteur, selon quelles pièces et à quelle fréquence de renouvellement ? Une réponse écrite vous protège d’un refus verbal contredit ensuite.

Croire que seul le spécialiste peut prescrire

La prescription peut venir du médecin qui suit votre traitement comme de votre médecin traitant. Attendre une consultation spécialisée pour cette seule ordonnance fait perdre des semaines, surtout quand la chute a commencé.

Si vous devez agir vite, la marche à suivre pour obtenir cette ordonnance sans attendre est détaillée dans notre article sur les erreurs d’essayage qui font finir une prothèse dans un placard.

Les accessoires textiles, une ligne à part

Les accessoires textiles suivent leur propre régime, distinct de celui de la prothèse. Le découvrir au moment de payer est un regret fréquent.

Bonnets, turbans et bandeaux

Des accessoires textiles destinés à couvrir le cuir chevelu figurent sur la même liste officielle, avec leurs propres conditions et leur propre forfait. Ils servent la nuit, à la maison et les jours où vous ne voulez rien porter d’autre.

Pour qu’ils soient pris en charge, ils doivent figurer sur la prescription. Un médecin qui n’y pense pas les ajoutera volontiers si vous le demandez au moment où l’ordonnance est rédigée.

Ce qui se cumule et ce qui ne se cumule pas

Les règles de cumul entre prothèse et accessoires textiles, comme les délais de renouvellement, relèvent des conditions inscrites sur la liste et de leur application par votre caisse. Elles ne s’improvisent pas au comptoir.

Deux questions suffisent à votre caisse primaire: puis je bénéficier des deux lignes sur la même période, et à quelle date mon droit à un renouvellement s’ouvrira il ? Notez la réponse, la date et le nom de votre interlocuteur.

Vérifier la règle applicable le jour de votre achat

Aucun article ne remplace la vérification faite le jour où vous signez. Elle se mène en une demi heure.

Le compte ameli et l’accueil de votre caisse

Depuis votre compte ameli, la messagerie permet de poser une question écrite et d’en garder la réponse. C’est la voie la plus fiable pour connaître les montants en vigueur et votre situation, notamment si vous relevez du dispositif des affections de longue durée.

Les textes eux mêmes, arrêtés d’inscription et de tarification compris, sont consultables sur Légifrance, le service public de la diffusion du droit. Le calendrier complet de ces démarches est repris dans notre article sur les échéances entre l’ordonnance, la chute et la repousse.

Les questions à poser au distributeur avant de signer

Quatre questions, posées debout, avant tout essayage, suffisent à sécuriser la facture.

  1. Ce modèle relève t il de la classe 1 ou de la classe 2, et cette classe figurera t elle sur ma facture ?
  2. Quel montant vais je régler aujourd’hui, et quel montant restera à ma charge après remboursement ?
  3. Pratiquez vous la dispense d’avance de frais, et transmettez vous directement à ma caisse ?
  4. La coupe d’adaptation et le resserrage du bonnet sont ils compris dans ce prix ?

Une prise en charge se joue donc sur trois pièces et une distinction: une prescription antérieure à l’achat, un modèle inscrit sur la liste officielle, une facture nominative mentionnant la classe, et le choix assumé entre un prix encadré et un prix libre. Le déroulé complet, du premier rendez vous à la livraison, est décrit dans notre article sur le parcours de l’ordonnance à la première semaine de port.

Tenir ce dossier au moment où l’on commence un traitement demande une énergie que vous n’avez pas forcément. C’est le rôle du rail administratif de Perrulise: la liste des pièces à réunir, les questions à poser à votre caisse et à votre organisme complémentaire, et le calcul de votre reste à charge à partir des réponses obtenues au point de vente.

Pour voir ce calcul mené sur votre propre situation, demandez une démonstration ou un devis depuis la page de contact de Perrulise.

Portrait de Jimenez Julien, auteur et éditeur de Perrulise

Jimenez Julien

Auteur et éditeur de Perrulise

Il a passé plusieurs mois à observer des rendez vous d’essayage chez des prothésistes capillaires indépendantes, puis à remettre en ordre les règles françaises de prise en charge des prothèses capillaires, classe par classe et pièce par pièce. Il n’est ni soignant ni prothésiste capillaire : son métier consiste à rendre un dossier administratif lisible en dix minutes, un jour de fatigue.

Le parcours complet de Jimenez Julien et la méthode de travail de Perrulise

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